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La Galerie CRAF a l'honneur de présenter une exposition des nouvelles oeuvres de Deanna Bowen - Conservatrice : Natalie Wood.
Réception : Samedi 4 avril - 2 - 5pm.
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L'installation interdisciplinaire de Deanna Bowen tire son nom et ses narrations édifiantes de l'adaptation, filmée en 1952 par l'Office du Film du Canada, du ballet précurseur de Gweneth Lloyd, intitulé Ombre sur la prairie. Commandé et représenté par la Royal Winnipeg Ballet Company en 1952, ce divertissement narre l'histoire de la colonisation de l'Ouest du Canada à travers le récit tragique de la lutte désespérée que mène une femme - jadis pleine d'espoir - face à une contrée inhospitalière. La jeune mariée se trouve isolée dans un long hiver mélancolique ; son rêve de débuter une vie nouvelle avec son mari pionnier se dissipe pendant qu'elle s'enfonce dans un enfer de folie qui aboutira à la mort. Trouvant des similitudes entre le tableau des défis de la vie de colon que brosse Gweneth Lloyd et l'histoire de sa propre famille, Deanna Bowen, dans son spectacle Ombre sur la prairie, réinvente la vie de la jeune mariée. Pour ce faire, elle pioche dans l'histoire de son grand-oncle dont l'existence s'est déroulée différemment sur un terrain très impitoyable. Les oeuvres de Deanna Bowen puisent leur inspiration dans la découverte d'un album de son grand-onclequi lui fut remis alors qu'elle était encore enfant. Elles marquent la carrière de son grand-oncle, acteur à l'homosexualité inavouée, et chanteur de boîte de nuit dans les revues noires de Supper Club Circuit à Vancouver dans les années 1930 à 1950. La famille du grand-oncle finit par le renier. Son sort rappelle la rupture de Deanna Bowen avec sa propre famille homophobe et religieuse à léxcès. Ces précisions autobiographiques donnent forme à son récit dans Ombre sur la prairie et lui permettent de transférer l'histoire de sa famille sur l'héroïne tragique et le récit du ballet. L'installation de Bowen se compose de deux vidéos en monocanal et d'un texte en vinyle, collé à même le sol. La première vidéo, projetée en boucle pendant six minutes du sol au plafond, s'approprie, anime et amalgame merveilleusement plusieurs plans : des images prises au bord de la route, sur le trajet vers la propriété de sa famille (désormais abandonnée) à Amber Valley (Alberta) ; la scène « Mad Solo » du film de l'ONF ; la lettre du premier fan de son oncle ; l'Ordre du Conseil de 1911 signé de Wilfrid Laurier, premier ministre, interdisant l'entrée des Noirs au Canada ; des affiches relatives à l'immigration ; des coupures de journaux et des lames du tarot. Ces éléments sont tous agencés sur un fond élaboré qui évoque le paysage d'une prairie - saisissant du point de vue visuel, mais en même temps sévère et indifférent. La seconde vidéo est un clip en boucle de dix secondes. On y voit une scène silencieuse projetée au mur sur un écran géant. La scène est tirée du film de 1946, Harlem Hot Shots[i] de William Alexander. L'acteur Charles Keith y apparaît alors qu'il campe Bette Davis, légende du cinéma. Vides de personnages, mais puissamment évocatrices par les ombres et les souvenirs tourmentés de la contribution de son oncle, les projections marquent l'absence autant que la présence. La pièce finale de l'installation est une notation chorégraphique de 15 p. x 20 pi de la scène finale du ballet. Installée sur le sol, entre deux projections, cette notation réitère l'existence des pas codifiés ou dictés par la société qui peuvent - sans le vouloir - précipiter quelqu'un dans la tragédie. Dans les oeuvres de Deanna Bowen se trouve un ton de solennité qui opère à de nombreux niveaux. S'inspirant au départ de la théorie du traumatisme lié à l'Holocauste, son oeuvre approfont le rapport entre histoire, mémoire, traumatisme et leur rencontre avec le vécu personnel, tout en recourant simultanément aux thèmes d'inspiration Southern Gothic : maisons hantées, vieilles filles solitaires, demoiselles en détresse. Certains signes évoquant les problèmes des questions de visibilité et d'invisibilité sont présents dans les oeuvres de Deanna Bowen. On les voit dans la nature incongrue de l'apparition de documents qui s'effacent simultanément. Pour ainsi dire, eux aussi ont leurs propres ombres (le potentiel inquiétant que contient la promesse du fan : « Je serai à l'écoute », et la vexation sinistre des immigrants noirs par Laurier, en sont des exemples). Des références historiques et personnelles contribuent à recadrer les images romantiques de la poussée vers l'Ouest canadien, tandis que la narration étagée de la jeune femme fictive et de l'oncle de l'artiste mettent en relief des sites disparates mais analogues d'une lutte spirituelle. L'oeuvre fait référence aux gageures que présentait le Canada en tant que nouvelle terre d'accueil, en évoquant l'idée qu'une ombre incertaine, mais toujours présente, plane sur la prairie. Natalie Wood [i] Southern Methodist University Jones Film & Video Collection. “Tyler Black Film Collection.” Southern Methodist University. http://smu.edu/blackfilms/details.asp (dernier accès : 19 février 2009)
Biographies Deanna Bowen vit à Toronto. Elle est artiste spécialisée dans les installations sur divers supports, et conférencière à la UTSC. Elle a obtenu sa maîtrise en arts visuels à l'Université de Toronto en 2008 et son diplôme de beaux-arts à Emily Carr College of Art and Design en 1992. Ses oeuvres ont été exposées au Canada (Ontario, Colombie-Britannique, Territoires du Yukon, Manitoba) et dans d'autres pays (Allemagne, France, Suisse, Italie) lors de nombreux festivals et dans de nombreuses galeries. Natalie Wood est une artiste multimédia en milieu de carrière, conservatrice d'art, formatrice en arts. Ses oeuvres ont été exposées au Canada et dans d'autres pays : Toronto Alternative Art Fair International (TAAFI), Caribbean Contemporary Art Centre 7 (Trinidad), Zsa Zsa Gallery, Spadina Museum et John B. Aird Gallery. Certaines de ses vidéos ont été projetées lors de festivals comme Inside Out Film And Video Festival (2003, 2004, 2007), Mix Film and Video Festival à New York (2004) et The Pleasure Dome Festival (2005). Natalie Wood a remporté le prix Audience Choice Award pour The Locks Narrative au festival Mpenzi Film and Video Festival (2006). En 2007, elle présenta une installation multimédia Moko Jumbie Dance pour Nuit Blanche. Natalie Wood était conservatrice d'un certain nombre d'expositions d'art et de nouveaux médias, comme The Hero Project à la Galerie CRAF et le spectacle I Represent à ASpace, salués par la critique. Elle était conseillère du comité New Africa Consultation Committee au Musée royal de l'Ontario, comité consultatif sur la création et le développement de Galleries of Africa. En mars 2006, Natalie Wood était nominée au prix 2006 K.M. Hunter Interdisciplinary Arts Award en rapport avec son projet sur l'Internet Kinlinks (www.kinlinks.net). Elle a reçu le prix New Pioneers Award pour sa contribution aux arts à Toronto. Natalie Wood bénéficie de l'appui du Conseil des arts de l'Ontario, Conseil des arts du Canada et Toronto Arts Council.
La Galerie CRAF reconnaît avec gratitude le soutien de ses adhérentes, bénévoles et donateurs
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